PORTRAIT D’AUTEUR : Sylvain Dubois

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Je vous présente aujourd’hui Sylvain Dubois qui est, en plus d’une personne adorable et un lecteur passionné, un ECRIVAIN PUBLIC … Il vous en dira davantage ci dessous … Bonne découverte !

Venez le découvrir ici :

https://www.facebook.com/SylvainEcrivainPublic/

Peux-tu commencer par te présenter ?

Bien sûr ! J’ai 45 ans, je suis marié et père de trois filles, j’habite en Côte-d’Or où je suis né et ai grandi…

Et je suis donc écrivain public depuis 7 ans, tout en étant salarié à 80 % dans une entreprise.

Avant d’aborder l’écriture, peux-tu nous parler de ton rapport à la lecture ?

Aussi loin que je me souvienne j’ai toujours lu, j’ai toujours aimé lire. Mes parents lisaient peu mais ils ne me freinaient pas. Après avoir dévoré les Bibliothèques Rose et Verte, ma première grande émotion littéraire, c’est quand ma grand-mère m’a offert Le Petit Chose d’Alphonse Daudet, je devais avoir 10 ans. Mon premier livre « de grand », un monde nouveau pour moi, dans lequel j’ai plongé avec délices.

Ensuite à 15 ans, j’ai lu mon premier San-Antonio ! j’ai découvert qu’on pouvait tordre les mots dans tous les sens, jongler avec, les accoupler entre eux… Et cet humour, cette liberté de ton ! ça brise tous les codes, personnellement j’adore. J’en lis encore régulièrement.

Jusqu’à il y a un an, mes lectures ont toujours été essentiellement les écrivains dits « classiques », pour mon plus grand plaisir. J’en aime le style, les tournures. Quand je dis « classiques » cela va jusqu’au 20e siècle !

Puis, quand je suis arrivé dans Au fil des livres, je me suis rendu compte qu’il y avait tout un réseau qui m’était inconnu : les auteurs indépendants, auto édités. J’ai fait de belles découvertes et on ne peut que regretter que certaines plumes ne soient pas plus connues et reconnues.

As-tu des habitudes de lecture ?

Je lis toujours deux livres simultanément : un livre qui reste à la maison (un classique en général), un livre que je lis lors de ma pause au travail, que je peux emmener à l’extérieur (policier, thriller, etc.).

Es-tu plutôt papier ou liseuse ?

J’ai une liseuse (pratique pour les auto édités !) même si au départ je l’ai achetée pour les œuvres complètes d’auteurs à prix très intéressant. Je reste majoritairement un lecteur papier, la liseuse est un appoint…

Parlons écriture maintenant. Comment as-tu commencé à écrire ?

L’envie d’écrire est venue assez tardivement chez moi, je ne suis pas tombé dedans quand j’étais petit ! Je lisais avec passion, mais pour moi, l’écriture c’était un autre domaine, comme quelque chose d’inaccessible.

Il faut dire aussi que j’ai suivi des études scientifiques et ai trouvé un emploi de contrôleur dans l’industrie. En 2010, l’entreprise où je travaille a connu un plan social, notre usine faisait partie des sites qui devaient disparaître…

C’est à ce moment-là que je me suis remis en question, que je me suis dit : “Quel métier te correspondrait mieux, quel métier serait plus en accord avec ce que tu aimes dans la vie ?” Je pensais bien sûr à un métier dans les livres, ça aurait été le paradis ! En effectuant des recherches sur Internet, je suis tombé (un peu par hasard il faut bien le dire…) sur le métier d’écrivain public, et là je me suis dit : “Voilà ce qui me plairait !”

Je me suis renseigné sur les formations, comment s’installer, quelles démarches effectuer… Pour les démarches c’est assez simple puisque je suis en statut auto-entrepreneur… Pour s’installer, facile également, le travail se fait chez soi, pas besoin de local à louer, etc. Pour les formations, il y en a de deux sortes : les formations à distance (CNED, CNFDI) et quelques licences pro (Toulon, Paris). Celle que j’ai retenue est celle du CNED : comme je travaillais encore, je ne pouvais pas partir à Toulon ou Paris, j’ai donc suivi cette formation à distance, chez moi, en six mois environ…

Entre temps, j’ai participé à un concours de nouvelles, sur le thème d’un conte de Noël. C’était en gros la première fois que j’écrivais un texte de fiction, et j’ai eu le bonheur d’obtenir le deuxième prix ! Autant dire que cette récompense m’a conforté dans le choix de mon orientation professionnelle…

Pour finir, l’usine où je travaillais n’a pas fermé, j’y suis encore salarié. J’ai pu passer à 80 %, ce qui me permet de me consacrer à mon activité complémentaire d’écrivain public, car il faut l’avouer, c’est très difficile d’en vivre exclusivement…

C’est un métier qui reste assez méconnu.

Oui, c’est dur de se faire connaître, car même si les personnes à un moment où un autre auraient besoin de faire appel à un écrivain public, elles ne savent pas forcément que ça existe.

Pour ma part, je suis sur les Pages Jaunes, et j’ai une page Facebook liée à mon activité, où je mets aussi des retours de lecture, des « trucs » sur la langue française.

Quels sont les domaines concernés par l’écrivain public ?

Un écrivain public touche à tout ce qui tourne autour de l’écrit : lettres (administratives, personnelles), CV, récits, permanence en mairie, ateliers écriture, relecture de textes…

Comme on le voit la palette est large et pour ma part j’ai axé mon activité sur l’écriture (lettres, CV et récits de vie) et la relecture de textes. J’ai aussi rédigé pour un site internet.

Et si le métier d’écrivain public au Moyen Âge consistait essentiellement à rédiger une lettre pour ceux qui ne savaient pas écrire, de nos jours, les lettres et CV sont ce que l’on me demande le moins.

Parle nous de la relecture.

La relecture demande beaucoup de concentration car il faut intervenir sur la forme et ne pas négliger le fond pour autant, notamment les incohérences au niveau des personnages, de l’action.

Les textes peuvent être très techniques (thèses, mémoires) avec du vocabulaire pointu. Par exemple, on ne peut pas s’imaginer tout ce qu’il se cache derrière un piolet !

Quand c’est un roman, il faut là avoir un œil critique, ne pas se laisser emporter par l’histoire afin de garder un certain recul.

La relecture peut paraître rébarbative, mais quand on aime les mots, les phrases, c’est au contraire passionnant !

Et pour un récit de vie, ça se passe comment ?

J’ai déjà une première rencontre avec la personne, afin de faire connaissance, pour qu’une certaine confiance s’installe. Car je conçois que ce n’est pas évident de confier son existence.

On définit ensemble les grandes lignes de ce qu’elle veut témoigner, cela me permet de me familiariser avec les étapes de sa vie.

J’aime bien faire un plan pour savoir où l’on va, et je pense que cela rassure en quelque sorte mon client.

Pour les séances de travail proprement dites, j’enregistre la conversation avec un dictaphone, ce qui permet de ne rien oublier de noter et aussi de me concentrer sur ce que la personne me dit, poser des questions, rebondir sur un détail.

Une fois chez moi, je retranscris l’enregistrement, cela me servira de base de travail.

Ensuite, la rédaction consiste à « romancer » les propos, ajouter des dialogues, des descriptions, les pensées. Il faut faire un récit qui soit à l’image de la personne, qu’elle puisse se reconnaître et aussi que ceux qui le liront la reconnaisse.

Suivant la densité du vécu de mon client, plusieurs rencontres sont nécessaires.

Quand le texte est finalisé, il est possible d’ajouter des photos afin de le rendre encore plus personnel.

Il faut en gros un an pour réaliser un récit de vie, de la première prise de contact jusqu’à l’impression du livre.

Justement, à qui sont destinés les récits de vie ?

Les récits de vie, du moins ceux que j’ai réalisés, sont destinés à rester dans le cercle familial. C’est souvent un grand-parent qui veut laisser à ses enfants, petits-enfants, voire arrière-petits-enfants, un témoignage de son existence, de comment était la vie avant.

Et je crois que les descendants aiment à découvrir l’enfance de leurs aïeux, les périodes de guerre par exemple, mais aussi comment ils se sont rencontrés…

Personnellement, j’aurais beaucoup aimé que mes grands-parents aient eu cette idée !

Ecris-tu à titre personnel ?

Oui, il y a eu le conte de Noël dont j’ai parlé tout à l’heure.

J’ai écrit aussi des nouvelles, dont beaucoup s’inspirent de faits divers. Il y en a deux que j’ai publiées sur ma page.

En ce moment, je suis sur quelque chose qui ressemble à un roman auquel je travaille par intermittence, suivant la charge de mon activité. Je ne sais pas encore ce qu’il deviendra, mais j’ai espoir de le terminer cette année.

 

Quels sont tes travaux en cours, tes dernières réalisations ?

En début d’année, j’ai effectué la relecture du premier thriller de Céline Mudry, Faux-semblants.

Je suis actuellement en pourparlers avec un autre auteur pour de la relecture également.

Pour les récits de vie, je continue celui que j’ai commencé l’année dernière.

 

Merci d’avoir répondu à mes questions, c’était très intéressant.

Merci à toi, et longue vie à ton groupe de lecture ! (NDLR : l’interview a été faite dans le cadre de mon groupe de lecture AU FIL DES LIVRES)

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